Ce fascinant pouvoir de la croyance

par NMANGONE
Pouvoir de la croyance

Les pensées et croyances nous accompagnent tout au long de notre vie interne.
Pour commencer, je vous propose de vivre une expérience :
Installez-vous confortablement en position assise sur le meilleur endroit de votre choix, fermez les yeux pendant quelques instants, prenez une profonde inspiration-expiration abdominale, soufflez, relâchez tout ce qu’il y a à relâcher.
Continuez et renouvelez dans le même processus si vous le souhaitez et surtout accueillez cet instant.
Il constitue votre réalité dans l’instant. Entendez et écoutez ce qui vient à votre conscience.
Nous y reviendrons plus tard.

Pensées dysfonctionnelles et fonctionnelles

Divers auteurs dans le domaine thérapeutique ou neuroscience notamment Aaron Beck confirment l’impact des pensées, et la manière dont elles traitent les informations, sur notre bien-être et notre santé.
Ces pensées façonnent le rapport à soi, aux autres, à notre environnement et au temps (passé, présent et futur).
On peut parler de « dysfonctionnelle » lorsqu’une pensée nous accapare trop dans une phénomène de boucle et qu’elle tend à saturer et saboter notre attention jusqu’à en être totalement déconnecté de l’ici et maintenant.

Pendant l’expérience précédente qu’avez-vous constaté ? Des pensées automatiques ?
Les pensées dysfonctionnelles anxiogènes peuvent :

  • alimenter des pensées négatives sur soi dans le style « je ne vaux rien »
  • alimenter des croyances pessimistes sur notre entourage
  • alimenter des croyances négatives du passé et du futur (« j’ai tout raté », « l’avenir est sans espoir, je suis incapable »).

Certaines personnes s’y confortent en se réfugiant derrière l’art d’avoir toujours raison avec une formulation du type « je ne suis pas négative, je suis réaliste ».
Mais là encore de quelle réalité parte t’on si ce n’est celle intrinsèquement de soi toujours voilée par les croyances personnelles.
Et si l’objectivité du réel partait du principe qu’il n’y a jamais d’échec mais uniquement des expériences ?

Une pensée dysfonctionnelle s’auto alimente générant en cascades des pertes d’élan, troubles comportementaux, corporels et végétatifs.
La période de l’enfance joue un rôle important à la formation de nouveaux systèmes de croyance.

Croyances irrationnelles et rationnelles

La croyance irrationnelle se caractérise comme une pensée dysfonctionnelle qui est soi dirigée vers soi ou vers les l’extérieur et peut être à l’origine de profondes souffrances et de schémas mentaux conscients/inconscients.
Elle s’exprime par toutes pensées ou injonctions du type :
« Il faut qu’il en soit ainsi », « J’exige que cela soit ainsi », « si je n’y arrive pas je ne vaux rien ».
La source même provenant parfois de loyautés familiales liées à l’échec ou  tout autre type d’injonctions.

La croyance rationnelle à contrario s’exprime sous un autre format du type :
« J’aimerais que cela soit ainsi mais je sais que parfois les choses se déroulent autrement », « Si cela ne se déroule pas ainsi, je pourrais le supporter et m’adapter sur d’autres voies ».

Nos croyances rationnelles et irrationnelles se modélisent tout au long de notre vie dans un équilibrage complexe.
On s’entends bien souvent dire « essaye de penser positif » sous la forme d’une méthode Coué « du tout va bien, je vais bien » mais lorsque nous sommes à la prise de perturbations émotionnelles profondes de ressentis du mal être ce type de méthode est totalement vain.
Des techniques de thérapies cognitives et parfois brèves sont plus adéquats à rééquilibrer un schéma de pensées et arriver à une meilleure estime de soi.

L’estime de soi est une valeur à s’attribuer en tant qu’être humain dans une vie.
A une pensée dysfonctionnelle,  rigide et paralysante il est donc utile d’opposer des pensées et croyances plus fonctionnelles et constructives.

En pratique sophrologique

Chaque pratique en sophrologie nous invite à accueillir et reconnaître ce qui se manifeste physiquement, psychiquement d’une façon neutre ou tout au plus amicale, sans violence et sans auto jugement.
Employer une pensée dualiste « bien/mal », « bon/mauvais »,  « juste/injuste » amène des difficultés à utiliser notre propre expérience comme moyen d’apaisement et d’ouverture à soi.
L’attitude primordiale est donc de tout considérer dans le ressenti comme amical et simple.

La posture qui est prise avec une attention d’ouverture vers ce qui est, permet de nous approcher et de mieux côtoyer le monde de nos pensées sans recourir à utiliser des techniques d’évitement, de déni, ou de diversion mentale pour ne pas se laisser atteindre par une quelconque émotion désagréable.

Il ne s’agit pas de dénigrer certains autre type de techniques car en régulation émotionnelle, amener une émotion désagréable en saturation a certain degré d’efficacité mais la sophrologie est avant tout basée sur l’apaisement.

Se percevoir comme observateur et sujet de l’expérience permet tout aussi bien de clarifier ses valeurs et mobiliser ses capacités d’adaptation.
On active ainsi une forme de soi quadridimensionnelle dans ce qui est nommé la conscience sophronique : ce sentiment de soi et d’être dans ce monde dans les espaces parcourus et ceux restant à parcourir. Les dimensions du passé, du présent et du futur.
Dans cette pratique de pleine conscience nous pouvons poser des liens entre ce que nous sentons, ressentons, ce que nous disons et un événement précis ou une situation-problème pour voir en recul et en perspective un événement ou une situation-problème et voire même laisser émerger une capacité intuitive à entrevoir d’autres possibilités et choix.

Par cette expérience consciente de pleine présence nous favorisons ainsi plus de fluidité intérieure au fil de la pratique alors que des pensées éprouvantes peuvent être là.
Il est utile de mettre de la distance avec des pensées ruminantes  tout comme il est utile aussi de faire distance avec une hypertrophie du mental et du  « trop penser ».
Des techniques spécifiques d’ancrage peuvent favoriser un apaisement en restant en lien dans le réel et les possibilités d’action.

Ruminer les pensées nous fige dans un passé qui n’a plus lieu d’être, et un futur sombre et hypothétique.
Revenir à une sensorialité de l’environnement et du présent en place d’observateur en accueillant  ce qui est actif dans nos 5 sens.
Pour ce qui est de l’intuitif lorsque nos 5 sens sont sollicités dans toute expérience de pleine conscience, le 6ème sens lui vient s’y inviter parfois avec surprise.

Une bonne estime de soi favorise sa croyance à s’engager dans une action qui fait sens.
Renforcer le sens de nous même corporel et mental en symbiose tend à plus de cohérence dans l’ici et maintenant pour mieux faire alliance avec les forces et ressources présentes en notre intérieur comme autour de soi.

Nicolas MANGONE

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